• Un papier en cours de rédaction analyse l’émergence d’innovations adoptées par les agriculteurs, en portant une attention particulière au processus d’apprentissage (learning by doing, learning by using, learning by others). Cette rechercheco-écrite par Sylvie Lupton, Hanitra Randrianasolo-Rakotobe et Nalini Rakotonandraina se basera sur le concept de trajectoire technologique afin de démontrer la nature cumulative des connaissances et des innovations des agriculteurs qui transforment et vendent leurs produits eux-mêmes. Après avoir clarifié les concepts de diversification et d’innovation développés en sciences économiques, le papier s'appuiera sur la recherche empirique menée par la chaire. Une recherche exploratoire a d’abord été effectuée auprès de 338 agriculteurs et a permis d’identifier l’accumulation d’innovations de la part d’un nombre considérable d’agriculteurs en 2017. Une recherche approfondie a ensuite été menée en 2019 à travers une enquête en face à face auprès de 45 agriculteurs, qui apporte de nouvelles connaissances sur comment les agriculteurs apprennent et adoptent plusieurs innovations. Ce papier sera soumis à la conférence ECONAGRO (International Conference on Food and Agricultural Economics) qui se tiendra à Alanya (Turquie) du 28 au 30 mai 2020.
  • Un papier a été accepté à la 14ème conférence de l’IFSA (International FarmingSustems Association-Europe Group) à Evora (Portugal) du 23 au 26 mars 2020. Cette recherche co-écrite par Sylvie Lupton et Ilyess El Karouni (université Paris 8) détermine dans quelle mesure les agriculteurs qui transforment et vendent eux-mêmes leurs productions gagnent en pouvoir (empowerment) dans la chaîne alimentaire. Le concept d’empowerment est d’abord élucidé à la lumière de la recherche économique existante.Puis, les résultats d’une enquête auprès d’une cinquantaine d’agriculteurs dans le Nord de la France sont exposés. On observe que les agriculteurs gagnent en liberté comme ils fixent eux-mêmes leurs prix, et ils remarquent généralement une hausse de leurs revenus. Ils sont plus satisfaits et fiers de leurs métiers avec le retour positif des consommateurs sur leurs produits. Un paradoxe à cet « empowerment » est néanmoins constaté : les agriculteurs consacrent beaucoup plus de temps à gérer ces nouvelles activités de transformation et de vente directe à la ferme. Ce paradoxe nous amène à questionner le sens même de la prise de pouvoir des agriculteurs.